Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Le Livre de Poche

  Au sortir de la Première Guerre mondiale, deux anciens Poilus, Édouard Péricourt (fils de la haute bourgeoisie, dessinateur fantasque et homosexuel rejeté par son père) et Albert Maillard, modeste comptable, font face à l'incapacité de la société française de leur ménager une place. Leur relation naît le 2 novembre 1918, juste avant la fin de la Grande Guerre. Albert est le témoin d'un crime : le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, aristocrate arriviste qui veut gagner ses galons de capitaine, parvient à lancer une dernière offensive en faisant croire que les Allemands, qui attendent pourtant l'Armistice comme les Français, ont tué deux de ses hommes éclaireurs mais Albert a compris que c'est son lieutenant qui leur a tiré une balle dans le dos. Pendant l'offensive, Pradelle pousse Albert dans un trou d’obus, ce dernier se retrouvant enterré vivant face à une tête de cheval mort. In extremis Édouard sauve Albert d’une mort atroce au prix de sa défiguration par un éclat d’obus, faisant de lui une gueule cassée alors qu'Albert, traumatisé, devient paranoïaque.
Démobilisés, Albert et Édouard, amers, vivent difficilement à Paris. Ces deux laissés-pour-compte se vengent de l'ingratitude de l’État en mettant au point une escroquerie qui prend appui sur l'une des valeurs les plus en vogue de l'après-guerre : le patriotisme. Ils vendent aux municipalités des monuments aux morts fictifs. Quant au lieutenant Pradelle, il profite des nombreux morts inhumés dans des tombes de fortune sur le champ de bataille pour signer un contrat avec l’État qui prévoit de les inhumer à nouveau dans des cimetières militaires, vendant « aux collectivités des cercueils remplis de terre et de cailloux, de morceaux de cadavres français, voire de soldats allemands ». [Source : Wikipedia]

 
Donna Tartt, Le Chardonneret, Feux croisés

    Le Chardonneret est un récit à la première personne. Théo Decker, jeune new-yorkais de 13 ans au début du roman, voit sa vie basculer le jour où un attentat détruit une partie du Metropolitan Museum of Art. Sa mère est tuée dans l'explosion alors que lui-même s'en sort indemne. Tandis qu'il reprend conscience dans les décombres, un vieil antiquaire, mourant, le supplie de sauver une peinture des flammes : Le Chardonneret de Carel Fabritius. [Source : Wikipedia]

Euripide - Sénèque, Médée 
  Au début de la pièce, le pédagogue des enfants de Médée et leur nourrice discutent du remariage de Jason avec la fille du roi Créon, Créuse. Médée paraît et laisse éclater sa colère. Elle cherche une manière de punir son mari. Le roi Créon la chasse alors en exil avec ses enfants, mais, supplié par Médée, il lui accorde cependant un délai d'une journée avant son départ. Médée décide d'employer ce laps de temps à tuer Créon et sa fille Créuse. Jason entre ensuite en scène, ce qui provoque une scène de dispute avec Médée. Après cela, Médée promet au roi Égée, en voyage, de l'aider à avoir des enfants, s'il l'héberge quand elle aura quitté le royaume de Créon. Il accepte, ce qui lève les dernières hésitations de Médée à commettre son crime. Devant Jason, elle confie à ses enfants un diadème et un voile empoisonnés, destinés à tuer la fille de Créon, en disant à Jason qu'il s'agit de présents visant à amadouer la princesse afin que ses enfants échappent à l'exil. Les enfants reviennent, ayant accompli leur mission. Médée, troublée, les fait rappeler plusieurs fois en scène, sachant que le destin est désormais irréversible. Un messager vient annoncer à Médée la mort de la princesse, mais aussi de Créon. Médée tue ses enfants en coulisses. Jason rentre, craignant pour ses fils, mais il est déjà trop tard. Médée, montée sur un char tiré par des dragons, lui refuse de toucher les cadavres de leurs enfants et part pour la terre d'Égée, laissant Jason seul avec sa douleur. [Source : Wikipédia]

 

Jean Anouilh, Médée, Folio
  Médée est une tragédie de Jean Anouilh écrite en 1946, publiée en 1947 dans les Nouvelles pièces noires, créée aux Kammerspiele de Hambourg le 2 novembre 1948 dans une mise en scène de Robert Michael. En France, la création n'intervient que quatre ans et demi plus tard, le 25 mars 1953, au Théâtre de l'Atelier, dans une mise en scène d'André Barsacq (la dernière collaboration entre Jean Anouilh et André Barsacq.
La pièce s'inspire du mythe de Médée, dix ans après avoir trahi son père, et tué son frère, pour l’amour de Jason et la conquête de la Toison d’or. Jason se sépare alors d’elle et s’apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe ; refusant la fuite et le bonheur, Médée va continuer à semer le feu…[Source : site de l'éditeur]

Georges Perec, La Disparition, Gallimard  
  Membre de l'Oulipo, Georges Perec considérait que les contraintes formelles sont un puissant stimulant pour l'imagination. Il a donc choisi dans ce roman l'utilisation du lipogramme pour écrire une œuvre originale, dans laquelle la forme est fortement liée au fond. En effet, la disparition de cette lettre e est au cœur du roman, dans son intrigue même ainsi que dans son interrogation métaphysique, à travers la disparition du personnage principal, au nom lui-même évocateur : Anton Voyl. Le lecteur suit les péripéties des amis d'Anton qui sont à sa recherche, dans une trame proche de celle du roman policier.
  Les thèmes de la disparition et du manque sont extrêmement liés à la vie personnelle de Georges Perec : son père meurt au combat en 1940 et sa mère est déportée à Auschwitz début 1943. Le livre débute d'ailleurs par la description d'un climat de violence et d'assassinats généralisés qui évoque très clairement la guerre, et la déportation des juifs y est expressément nommée ; en outre, la trame du roman est une vengeance clanique comportant l'assassinat systématique de certains membres d'une même famille. En écrivant ce roman, Perec parle donc du drame majeur de sa propre existence. Selon Boris Cyrulnik, ce sont surtout eux, ses parents, qui ont disparu.

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