Projection de Saint-Germain ou la négociation en présence d'Alain Moreau, scénariste du film

  

  A la mort d'Henri II en 1559 commence une période plus connue sous le nom de guerres de Religion, opposant les catholiques aux protestants, appelés aussi huguenots.
Le royaume de France est encore féodal, les princes et les partis développent leur clientèle et leur réseau. François II puis Charles IX sont de jeunes rois. C'est la régente Catherine de Médicis qui gouverne.  La reine-mère n'a pas d'avis tranché sur la question religieuse mais elle est déterminée à voir la paix s'appliquer sous le nom de Paix de Saint-Germain, le 8 août 1570, car les guerres affaiblissent le royaume.
  L’Édit de Saint-Germain est une trêve précaire accordant aux protestants une liberté limitée de pratiquer leur culte dans les lieux où ils le pratiquaient auparavant ainsi que dans les faubourgs de 24 villes (deux par gouvernement). Ce traité garantit surtout quatre places de sûreté aux protestants : La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité-sur-Loire.
  Les modalités de cette Négociation de Saint-Germain sont au cœur du téléfilm de Gérard Corbiau, adapté du roman historique de Francis Walder, prix Goncourt 1958.
  L'adaptation et les dialogues d'Alain Moreau nous plongent dans cette période trouble et fragile.
Appelé par le roi de France Charles IX et le reine-mère, Henri de Malassise, interprété par Jean Rochefort, a la difficile tâche de signer une paix avec les huguenots: « pour résumer, on voulait d'un côté une France catholique à demi protestante et de l'autre une France protestante à demi catholique ».
  La liberté de culte et l'interdiction de cette liberté du culte sont au centre de cette négociation. Certaines scènes font écho aux tensions religieuses contemporaines, notamment sur la question du blasphème. Par exemple cette scène où lors d'un mime, les protestants rient de la loufoquerie du pape mais pas du réformé portant une Bible trop lourde, qui lui fait rire les catholiques.
Une des nombreuses qualités de cette œuvre filmée réside également dans les scènes familiales, notamment lorsque le fils de M.de Malassise déclare à son père vouloir apprendre la rhétorique pour mieux lui ressembler : acquérir l'art de s'exprimer pour convaincre mais également pour mieux mentir.
   « Camminare sulle nuvole», « marcher sur les nuages » : c'est ainsi qu' Henri de Malassise résume cette paix précaire qui débouchera sur la Saint-Barthélémy en 1572.


 


 

 

• Alain Moreau

Éditeur, écrivain et producteur, Alain Moreau est, depuis 1995, l’auteur de nombreux documentaires et téléfilms.

Fictions

1995 : Scénariste de L’Empire du taureau, réalisé par Maurice Frydland
1996 - 1997 : Scénariste de la série Deux flics, réalisé par Laurent Heyneman
2004 : Scénariste de Saint Germain ou la négociation, réalisé par Gérard Corbiau — Prix du Festival de Monte Carlo de la meilleure adaptation littéraire
2007 : Scénariste deVoltaire et l'affaire Calas, réalisé par Françis Reusser — Grand Prix du Scénario au FIPA 2006
2008 :Scénariste de néluctable, réalisé par François Luciani
2009 : Scénariste de Blanche Maupas

 

Documentaires

1992 : Réalisateur de Fusillés pour l'exemple
1993 : La Breche (court-métrage)
1997 : Réalisateur de Television et prison
2004 : Réalisateur de Le Rêve mongol
2009 : Scénariste de 12 balles dans la peau pour Pierre Laval

 

• Philippe Leparq est professeur d'histoire en collège. Il apportera un éclairage sur la période historique à laquelle se déroule l'histoire.

 

 

La projection commencera à 20 heures 30, le jeudi 30 janvier 2016 à la Mairie de Landes-le-Gaulois et sera suivie par une discussion avec
Alain Moreau et Philippe Leparq
,
qui nous font l'amitié de leur présence.
Entrée libre et gratuite.