Histoire et particularités du thé noir (rouge) chinois

Le thé noir est appelé « rouge » en Chine, où le thé nommé « noir » est en fait le Pu Erh (thé post-fermenté, cru ou cuit) 

• Il  n'existe pas en Chine de classification TGFOP, TG.... comme pour les thés des anciennes colonies anglaises.  Les thés chinois portent en général  le nom de leur zone de production

• A noter que la cueillette et une bonne Pour agrandir encore l'image, cliquez le bouton en haut à droite.partie du traitement sont traditionnellement faits à la main.
Toutefois, selon les grades, on ne cueille que le bourgeon comme pour les Jin Hao (le plus haut grade de DianHong) le bourgeon plus une à trois jeunes feuilles pour les autres thés hauts de gamme. 

• Enfin, le degré d'oxydation des thés noirs (rouges) de Chine  ne dépasse souvent pas 75 %, à peine plus que les Wulong les plus oxydés (mais selon un processus différent)

L’origine du thé noir (rouge)  est incertaine. Ce thé n'est mentionné explicitement en Chine qu' en 1851 dans « Histoire du WuYi » et c'est aussi vers cette époque que les anglais adaptent et mécanisent pour les thés des Indes et de Ceylan la méthode chinoise, donc probablement déjà assez ancienne à cette époque. 

• En fait, il semble que le thé  fumé soit apparu en premier, probablement vers fin XVI°- début XVII°.  Il existe de nombreuses légendes à ce sujet, ayant ePour agrandir encore l'image, cliquez le bouton en haut à droite.n commun le rôle du hasard dans la découverte du procédé. 
• Le premier bateau de thé arrive en Europe en 1606, mais de quel thé s’agissait-il : thé vert  fermenté dans le bateau (ce qui en ferait plutôt un Pu Erh) ? thé fumé ? "vrai" thé rouge ?. Même interrogation pour le type de "thé noir" introduit à la cour d'Angleterre par Catherine de Bragance après son mariage Charles II en 1662 : qu'entendait-on alors par thé noir ? 

• Même s’ils existent depuis plusieurs siècles pour certains, les thés noirs (rouges), fumés ou non, sont peu consommés en Chine. Leur développement est surtout dû à l'engouement occidental, avec une multiplication des zones de production et une recherche de la qualité et des meilleurs cultivars en fonction des terroirs. C'est ainsi qu'apparaissent en 1851 lethé noir de Baï Lin (Fujian), en 1875 le Qimen (Anhui, mis au point par Hu Yuan Long) et seulement vers 1930 les thés noirs(rouges) du Yunnan.

Thés Noirs de Chine : la dégustation

Dragon rouge, perles de thé noir du Yun Nan
Une liqueur élégante, ambrée à cuivrée. Saveur légèrement chocolatée avec des notes de caramel et fruits mûrs 

Yunnan Dian Hong Jin Hao, le meilleur thé noir du Yun Nan
La première infusion produit une liqueur jaune ambré, les suivantes sont plus foncées. 
Le nez est puissant et complexe : fruité (abricot, raisin secs), sucré (confiture) et chocolaté avec une note caramélisée (nougat noir).  
En bouche, on retrouve les arômes classiques pour ce genre de thé : fruits secs (abricot), chocolat et miel aucune astringence à la première infusion, astringence légère pour les suivantes. 
La longueur en bouche est moyenne, mais très agréable.

Qi Men Hao Ya : le plus parfumé des Qi Men (An Hui)
Liqueur cuivrée plus ou moins foncée selon le temps et le nombre d’infusions. 
Arômes de caramel et cacao. Saveur ronde et sucrée d’orge grillée où viennent s'ajouPour agrandir encore l'image, cliquez le bouton en haut à droite.ter de délicates notes fruitées. 
Sa légère astringence donne au Qi Men Hao Ya beaucoup de longueur en bouche

Thé noir Singe doré du Fujian
l’odeur fait penser à des abricots secs. 
L’infusion produit une liqueur orangé cuivré. 
Le nez est puissant et complexe : fruité (abricot secs, pommes) et sucré (caramel). 
En bouche, on retrouve les arômes que le nez présageait : abricots secs et pommes caramélisées, sans aucune astringence. 
Texture en bouche généreuse et persistante.

Bai Lin Gong Fu, un thé noir surprenant, très parfumé
La liqueur du Bai Lin Gong Fu est cuivrée, c’est pour cela que les Chinois le considèrent comme un thé rouge. 
Frais et légèrement sucré, il a une texture en bouche ample, ronde et moelleuse, sans astringence qui développe des arômes pyrogénés, chocolatés avec une pointe de caramel. Bonne  longueur en bouche

Tan Yang GongFu , un thé noir d’exception du type Min Hong
L'infusion du Tan Yang GongFu est orangée, plus claire que celle du Bai Lin GongFu du fait d’une forte majorité de bourgeons dorés.
Son parfum offre un registre aromatique malté (caramel et chocolat) avec une note de vanille. 
La bouche est souple, fluide, ample et veloutée, presque sucrée à l’attaque. Les tanins sont quasi inexistants même si l’on double le temps d’infusion.
Le goût reprend les notes de caramel et chocolat avec une pointe aromatique d'écorce d'orange qui apporte une touche zestée et donne un côté vif. 

Yesheng Zheng Shan Xiao Zhong
L’odeur de la feuille sèche est à la fois fruitée et sucrée et rappelle celle d’un fruit exotique poussant naturellement dans le sud-est de la Chine, le Longane ou œil de dragon 
L’odeur de la feuille infusée est puissante, à la fois fleurie et pyrogénée. On retrouve dans la liqueur, d’une jolie couleur ambrée, des notes de caramel et de graines grillés, beaucoup de gout, une belle longueur en bouche mais aucune amertume si l’on respecte les durées d’infusion. Idéal en fin de repas

 

Principaux thés noirs dégustés.

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